DANS LES FORTS ET ABRIS (notice de 1898) on utilise les bétons agglompérés dits "Coignet" qui sont des bétons à petits éléments fabriqués avec un soin spécial pour leur donner une résistance élevée et un durcissement rapide. Le plus connu est le béton Coignet dont l'agglutinant est de la chaux hydraulique à laquelle on ajoute un peu de ciment pour accélérer la prise. Le dosage est de 1m de sable , 125 à 150kg de chaux et 50 à 60kg de ciment. Le principe à la fabrication est de n'employer que le minimum d'agglutinant et d'eau, pour que chaque grain de gravier en soit enduit d'une mince pellicule. Cette minceur et le peu d'humidité donnent de la rapidité à la prise, et permettent, sous l'action des pilonnages, le rapprochement très serré des matériaux qui donnent la cohésion. Pour obtenir ce résultat, il faut un mélange très soigné qui ne peut s'obtenir que par des appareils spéciaux, et une compression très énergique. Sur les chantiers sont fabriquées des pierres factices avec du petit gravier et du ciment pur à raison de 220kg de ciment pour 1m de gravier ou avec du béton à dosages variables de 220kg de ciment pour 0,300m3 et 0,900m3 de graviers). La forme leur est donnée dans des moules en bois ou en tôle, où ce mélange est pilonné. Ensuite, il ne reste qu'à recouvrir cet agglomérat plus ou moins caverneux d'un enduit de 2cm d'epaisseur. Parfois le moulage se fait à l'emplacement même que doit occuper la pierre dans la construction, ce qui économise les frais de pose.
LE BETON ARME est constitué de sable, de cailloux ,de ciment, d'eau et d'armatures en métal (0,900m3 de cailloux, 0,300m3 de sable et 400kg de ciment). Le ciment utilisé doit toujours être à prise lente . L'acier utilisé est sous forme de barres rondes en acier extra-doux de 1 à 2cm de diamètre, terminés à chaque extrémité par un crochet. A défaut de barres rondes, des aciers carrés ou méplats peuvent être employés, ainsi que des rails ou fers profilés. On peut aussi employer des barres en acier demi-dur à la condition que cet acier ne soit pas fragile et puisse supporter le travail de pilage à froid que les barres doivent subir avant leur mise en place dans le béton.
PROTECTION DES ABRIS (notice de 1898)
Contre les obus, en dehors des locaux spécialement affectés en temps de guerre, il existe dans les forts un certain nombre de locaux maçonnés recouverts d'un remblai que le commandant d'un fort peut utiliser aux différentes périodes du siège. Les locaux recouverts de 3m de terre rocailleuse, on peu à craindre d'un tir méthodique de canons allant jusqu'au 155mm. Ils peuvent être utilisés pendant une période du siège par la troupe pour y remiser du matériel. Les locaux sous traverse exposés à se dégarnirfacilement de leur remblai, même sous l'influence d'un coup isolésont employés à abriter du matériel. Les locaux recouverts de 4m de terre rocailleuse peuvent être considérés comme étant à l'épreuve des tirs prolongés des pièces de 155mm, et d'un coup isolé d'une pièce d'un calibre supérieur. Une epaisseur de 5,50m metl'abri à l'épreuve d'un tir méthodique de pièces de tout calibre et permet son utilisation à toutes les périodes du siège.
Pour le logement des hommes on n'utilise pas des locaux où existent des voûtes d'arrête qui se trouvent dans des conditions défavorables à la résistance aux explosions de fortes charges. Les têtes de voûtes sont moins résistantes que le reste de la voûte en raison de l'insuffisance de l'épaisseur de remblai protecteur qui se termine par un talus. On est conduit donc à sacrifier une partie de la casemate et à n'occuper que la partie protégée par l'épaisseur suffisante de remblai.
LES MAGASINS A POUDRE 1874
Dans les forts, les magasins à ppoudre sont un lieu primordial puisqu'ils centralisent le stockage des munitions, explosifs et artifices. La "poudrière" est une grande pièce séparée du casernement, ne pouvant être accessiblede l'extérieur qu'en franchissant deux portes renforcées, et possédant deux ou trois serrures.
Pour empêcher tout risque d'incendie, il est interdit d'y circuler avec des brodequins de marche à semelles cloûtées, et d'y apporter tout matériel en métal. L'éclairage est réalisé au moyen de trois lampes à réflecteurs, disposées à l'extrémité opposée à l'entrée de la salle (on reconnait leur emplacement par trois percées dans le mur dont généralement deux sur le bas et une plus en hauteur). La lumière passe par ces ouvertures protégées par des vitres épaisses de 2cm fixées dans des cadres en bronze. Ces vitres sont elles même protégées par des grilles.
Ces pièces rectangulaires ont des dimensions d'environ 5m de haut de forme arrondie ou ogivale, 10 à 15m de Long et 5 à 7m de large. Leur voûte en ciment est protégée par une couche de terre d'une épaisseur de 6m environ. Pour aération et pour protection contre l'humidité, les poudrières sont entourées par une galerie d'isolation des murs de soutènement des terres d'une largeur permettant uniquement le passage d'un homme afin de pouvoir avoir accès aux lampes d'éclairage. L'arrivée d'air est produit généralement par une ouverture murale située au-dessus des trois fenêtres d'éclairage . Celle ci est de forme rectangulaire. L'aération et l'effet anti-humidité sont produits par la création d'un plancher en chêne placé à 40cm au dessus du sol, et au dessous duquel l'air peut circuler.
Les poudres sont conservées dans des caisses à poudre Mle 1875. Une caisse peut contenir 60kg de poudre noire ou 35kg de poudre B.C. Leur dimension extérieure est de80cmX40cm et 40cm de Haut.
Un magasin de 10m de long sur 5m de large peut contenir jusqu'à 450 caisses à poudre, celles-ci sont rangées par 5 seulement dans le sens de la hauteur, et le tiers de la superficie du magasin est réservé pour les allées et pour les séparations à établir entre les lots ou qualités de poudres.
Les gargousses sont quant à elles conservées dans des caisses à gargousses N°1 de siège. Une caisse peut contenir 18 gargousses de poudre noire n°1 ou 24 gargousses de poudre B.C pour un canon de 155mm Long, ou 30 gargousses de poudre noire ou 50 de poudre B.C pour un canon de 120mm Long ou encore, 78 gargousses de poudre B.C pour un canon de 155mm court, 32 gargousses de poudre B.C pour un mortier de 220mm ou 100 gargousses de poudre B.C pour un canon de 95mm.
Les dimensions de la caisse à gargousse n°1 de siège sont de 95cmX70cmX56cm de Haut. Unmagasin de 10m de Long peut contenir 200 caisses à gargousses, celles-ci étant engerbées seulement sur 4 dans le sens de la hauteur, avec séparations identiques pour les caisses à poudres.
Pour le rangement, si le service d'artillerie ne dispose pas d'un nombre suffisant de caisses à gargousses, il peut emmagasinner les gargousses en vrac. A cet effet, il est avantageux de placer tout d'abord une ou deux couches de caisses remplies, et de disposer sur ces caisses les piles de gargousses. Les obus, quant à eux, doivent toujours être placés debout, sur leur culôt, et rangés de chaque côté d'une allée centrale.
Après l'apparition de l'obus torpille chargé de mélinite, aucun magasin à poudres n'est assez résistant. Dès 1888, ils sont transformés en magasins à munitions, tandis que les nouveaux magasins à poudres sont construits à plus de 15m sous terre, et totalempent bétonnés. Dès lors, les magasins sont séparés en un magasin à poudres et munitions, une salles d'artifices et un atelier d'morçage. Les salles d'artifices et les ateliers doivent être théoriquement séparés d'au moins 20m les uns des autres. L'emplacement à assigner aux différents locaux affectés au service des munitions dépend essentiellement des circonstances locales.