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LES MURS DE REVETEMENT sont ceux qui soutiennent des massifs de terre. Le plus souvent les terres amoncelées derrière ces murs sont meubles parce qu'elles ont été récemment déblayées et transportées. Certaines natures de terres, comme le sable pur et sec par exemple, ne prennent jamais de cohésion. D'autres comme les marnes argilo-calcaires, doivent au carbonate de chaux et à l'alumine qu'elles contiennent, la faculté d'absorber beaucoup d'eau, de devenir onctueuses et glissantes, et de couler sous un faible talus.

Le remblai derrière le mur doit être fait avec soin, principalement dans le but d'empêcher que les eaux pluviales ne traversent le terrain rapporté pour aller délayer le sol inférieur, ou qu'elles n'arivent à former, entre le mur et le remblai, une nappe d'eau qui exercerait contre le revêtement une poussée énergique. Les précautions à prendre contre l'action des eaux varient avec la nature du remblai. A t'on a sa disposition de la terre franche, ou des pierrailles ou cailloux qu'on puisse mélanger avec de l'argile, il faut essayer, par un damage énergique, de tasser le remblai, de le faire adhérer au mur, et de s'opposer à tout accès de l'eau par imbibition ou par infiltration. Si on doit remblayer ensable ou en gravier, au dessus d'un terrain marneux, c'est à dire si le remblai supérieur est perméable et le sol inférieur susceptible de se délayer dans l'eau, il faut chercher à procurer à celle-ci un écoulement à l'extérieur, en élevant derrière le gros du mur des massifs en pierres séches posés sur une couche mince de béton maigre, disposée elle-meme en pentes alternativement opposées, de façon à former des caniveaux correspondants à des barbacanes pratiquées à travers le mur. On pourra espérer alors que les eaux d'infiltration traverseront les murailles en pierres sèches, s'échapperont par les barbacanes et ne séjourneront pas dans le remblai.

Le creusement du fossé ou de l'emplacement de la fondation peut couper quelque nappe d'eau souterraine. Des couches de roc inclinés vers le fossé amenent quelquefois contre la paroi intérieure des murs les eaux de pluie qui se rassemblent dans leur intervalle. Il faut, dans l'une et l'autre de ces circonstances, avoir le plus grand soin de concentrer les eaux, au moyen de petits canaux enmoellons secs, dans un ou plusieurs aqueducs, ayant une issue à travers les maçonneries ou par-dessous le mur. Les barbacanes, si elles ne sont pas toujours efficaces, sont néanmoins, dans ce cas, une précaution bonne à prendre et qui ne présente aucun danger. Le fond de la fondation est horizontal. Cependant si on redoute des glissements, on fera bien de lui donner une pente de 4cm environ par mètre, de l'avant à l'arrière. Son massif doit être construit en gros libages, bien garnis, dans leurs joints, de mortier et d'éclats de pierres. Il ne faut pas oublier que cette partie de la construction supporte la pression du mur et celle de la terre.

Les terres tendent à descendre et à s'ébouler. Elles pressent ainsi les murs qui contrarient cette tendance, et peuvent, dans la construction des maçonneries produire les effets suivants :
- Rompre le mur au niveau de l'assise par laquelle il repose sur sa fondation, et le renverser autour de l'arrête extérieure de cette assise.
- Faire glisser le mur parallèlement à lui même sur cette même assise.
- Si la pression que la base de la fondation exerce sur le sol n'est pas égale partout et si le sol est compressible, celui ci peut céder inégalement sous la charge qu'il supporte. La fondation s'enfonce alors à l'avant plus qu'à l'arrière, ou l'inverse se produit. Il en résulte, dans les deux cas, un déversement du mur qui peut entrainer sa chute.
- Enfin si le sol est glissant sous la base de la fondation,si les terres dans lesquelles celles ci sont enfouies,n'offrent pas une résistance suffisante à la compression, tout le système du mur et de sa fondation peut glisser et se déplacer en avant.

LES MURS EN BETON (notice de 1898)

On nomme béton un mélange homogène de petits matériaux, tels cailloux, graviers, pierrailles avec du mortier. Les cailloux et graviers doivent être durs pour bien adhérer au mortier, et sont débarrasés de toute matière terreuse. Aussi avant de s'en servir, on les lave ans des brouettes dont le fond est à claire-voie, en les arrosant jusqu'à ce que l'eau sorte claire. Leur grosseur varie de 2 à 5cm de diamètre. Plus petits, ils diviseraient trop le mortier avec le sable duquel ils feraient double emploi. Plus gros, ils se preteraient mal aux manipulations de fabrication et de mise en place. Comme pour le szable des mortiers, les plus avantageux sont formpés de morceaux de différentes grosseurs, car ce sont ceux qui renferment le moindre volume de vides. Pour une raison d'économie sur le mortier, il faut préférer les cailloux ronds aux pierres cassées et anguleuses, entre lesquelles les vides sont plus nombreux. Par contre les bétons faits avec ces pierres cassées présentent une résistance légèrement plus forte. Pour la fabication du béton plein ou ordinaire (celui dans lequel tus ls vides des graviers sont remplis par le mortier), il faut une proportion de un volume de mortier pour deux de cailloux. Pour faire varier le dosage du béton, au lieu de diminuer le volume de mortier , ce qui occasionnerait des cavités dans le massif, il est préférable d'en conserver la proportion qui donne le béton plein, mais de le rendre plus ou moins riche. Dans la plupart des cahiers des charges , on conserve l'expression des dosages en volume, et les plus employés sont les suivants :
- le béton gras pour la construction de radiers, réservoirs, traverses immergées à grande profondeur.

- le béton ordinaire pour les égouts, fondations sous l'eau à faible profondeur, murs en élévation

- Le béton maigre pour les fondations en terrain plus ou moins huimides

- le béton très maigre pour le remplissage et maçonneries à l'abri de toute action et d'efforts importants.

Lorsque la production dépasse 250m, on utilise lematériel mécanique, dont le plus connu est la bétonnière. La bétonnière verticale peut fournir (a cette époque) 12 à 13m3 de béton par heure. Ce genre de bétonière a été utilisée pour la construction des forts de Meuse en Belgique.

Cette bétonnière est un couloir cylindrique en tôle de 50 à 70cm de diamètre et de 1,50m è 4m de hauteur, fixé sous une plate forme, et ouvert à sa partie supérieure par laquelle se fera le dépôt des matières à malaxer, puis terminé à son extrémité inférieure en tronc de cône, par où le béton est reccueilli. Al'intérieur de ce tube en tôle, des croisllons en fer rond de 2cm, sont disposés pour malaxer le mortier et les graviers. Le mortier et les graviers sont disposés sur la plate forme, les ouvriers en font un mélange à la pelle, et le poussent sur l'ouverture supérieure de la bétonnière ou le malaxage est achevé par la chute très contrariée que les croisillons lui font subir.

Depuis 1885 on fait un usage considérable de béton de ciment dans les ouvrages de fortifications. Depuis peu (notice de 1898) l'usage se répand beaucoup d'un mode nouveau de construction qui consiste à noyer des barreaux de fer dans le massif de béton ou mortier de ciment. Cette association de matériaux qui résistent bien séparément aux efforts, l'un de tension, l'autre de compression, les fait se completer l'un à l'autre, et permet de réduire l'épaisseur du massif de maçonnerie.

fortif
24/03/09