CONSTRUCTION DES FORS 1874-1914
(D'après les Cours de construction du Génie militaire datés de 1855) Un officier chargé de la construction d'un ouvrage commence par en dresser le projet. Ce premier travail consiste dans un certain nombre de dessins, accompagnés d'un texte explicatif et d'un estimation de la dépense. Le tout est suffisamment détaillé pour faire apprécier comment seront remplies les convenances générales imposées à l'édifice d'après sa destination, par quels moyens et jusqu'à quel point de solidité toutes les parties essentielles se trouvent assurées, et enfin à quel prix ces divers résultats seront obtenus.
Lorsque cette composition à subi les modifications nécessaires, son auteur s'attache à la recevoir avec soin, et à rédiger sur une échelle plus grande, les dessins de détail, dits d'éxécution parce qu'ils doivent servir de guide aux appareilleurs et aux ouvriers en bois et en fer. En même temps il se met en mesure de commencer les travaux dans une saison favorable, de les construire avec régularité et économie, et de les achever dans les délais fixés. Les travaux de construction d'ouvrages demandent en premier lieu une étude du sol. Pour avoir une bonne connaissance de la nature du sol, de l'épaisseur et de kla profondeur des différentes couches, il est indispensable de faire des sondages et des expériences de résistance du terrain. Ces sondages se font pour un avant projet, l'aide d'une sonde en acier susceptible d'être rallongée par bouts de 1,50m et qui s'assemblent entre eux par des vis ou par enfoutrchement et clavette. On enfonce la sonde en l'appuyant fortement sur le sol et en lui donnant mouvement de rotation à l'aide d'une tête de manoeuvre. Si on rencontre des pierres on les brise à l'aide d'un outil spécial appelé trépan, qu'on laisse tomber dans le trou de sonde, en ayant soin, après chaque coup d'effectuer un mouvement de rotation en vue d'éviter les coincements. Les pierres étant brisées, on continue l'opération au moyen de la sonde. Une fois l'avant projet terminé, pour sonder à plus de 5m de profondeur on a recours à de véritables puits de 0,80m de diamètre, construits comme les puits d"'alimentation.
Si pour les travaux de bâtiments ordinaires,la meilleure garantie de qualité de ciment estla marque de fabrique, pour les ouvrages militaires, les ciments présentés sont soumis à des essais précis, dont quelques uns seulement seront répétés sur le chantier même.
LES MURS sont des ouvrages de maçonnerie. Ils prennent des noms qui varient avec leur destination. La plupart des murs sont construits enmoellons bruts et mortier hydrauliques et recouverts d'enduits. C"est donc cette maçonnerie qu'il faut étudier. Elle est soumise aux principes suivants : D'abord on procède par assises horizontales régulières, en posant les moellons sur leur lit de carrière et en arasant la maçonnerie de 50cm en 50cm de hauteur. A cet effet on profile le mur au moyens de lattes dressées de champ, de 4 en 5 mètres sur lesquelles on enfonce tous les 50cm des pointes qui réunies par des cordons, donnent les plans successifs d'arasement, et en même temps les plans des parements verticaux. Lorsque le mur s'élève assez pour que ces lattes deviennent génantes et peu solides, on fait remplir leur rôle par des pierres d'encoignure,des chaines et des jambages qui sont montés avant le reste de la maçonnerie posés au fil a plomb. Ce sont ces pierres qui servent alors à porter les cordeaux d'alignement. Les moellons sont posés à bain soufflant, c'est à dire sur une couche de mortier étendue au préalable de 2 à 4cm d'epaisseur,en les frappant au marteau de façon que le mortier reflue, souffle par des joints qui doivent être bien serrés. Il faut ensuite les arroser, surtout pendant les chaleurs pourqu'ils n'absorbent pas l'eau du mortier, ce qui nuirait à son durcissement. Pour obtenir une grande adhérence on se conforme au précepte clasique de Vicat "mortier sec et matériaux mouillés". En cas d'interruption de travaux, pendant l'hiver, pour mettre les maçonneries à l'abri de la gelée, on les recouvre de paille, fumier, bruyère de terre, avec pente, de façon à rejeter les eaux de pluies. A la reprise des travaux, toutes les maçonneries reconnues avariées doivent être démolies et reconstruites à nouveau.
-_LES MURS DE CLOTURE Sont ceux qui servent à renfermer une cour ou un enclos. Ils peuvent être batis en pierres sèches, en cailloux ou en moellons maçonnés avec de la terre argileuse, ou enfin en bonne maçonerie de pierres avexc du mortier de chaux et de sable. Les plus solides et les plus soignés sont revêtus à l'extérieur de moellons piqués apparents, renforcés par des chaines en pierre de taille espacés de 4m en 4m environ, et présentant une largeur réduite de 0,70m. Dans un terrain médiocrement résistant, on leur donne jusqu'à 1m de fondation, en gros moelons ou libages, et on les asseoit au niveau du sol sur un socle formé de une ou deux assises de pierres de taille et on les couronne enfin par un chaperon arrondi en forme de tablette. Bien que les murs de cloture n'aient rien à porter que leur propre poids, il faut cependant qu'ils aient une certaine epaisseur pour éviter l'action des gelées ou de l'humidité, et aussi pour que le pied de la verticale de leur centre de gravité ne tende pas à sortir de la surface de leur base au moindre mouvement du sol. Ainsi les murs d'une hauteur de 2m à 3,50m doivent avoir une épaisseur de 0,40m à 0,50m environ quand ils sont en maçonnerie et une épaisseur de 1m minimum quand ils sont en pierres sèches ou en cailloux maçnnés avec de l'argile.
LES MURS DE FACE sont ceux qui constituent keurs façades sur les rues et les cours. L'épaisseur de ces murs va en diminuant de la base au sommet, ce qui leur donne une forme de prisme tronqué avantageuse à la stabilité. La diminution de l'épaisseur se fait du côté de l'extérieur par un talus ou fruit, qui a pour objet de dissimuler à la vue les surplombs que les batiments prennent souvent vers leur dehors par l'action des poussées de charpentes ou par un enfoncement inégal de la fondation. Du côté de l'intérieur, ce talus serait désagréable à la vue et gênant pour l'ameublement. Les murs en briques n'ont pas de fruit à l'extérieur et les retraites se font toujours de la largeur d'une demi brique, ce qui fixe chacune d'elles à 11cm dans le Nord de la France où les briques les plus employées ont 22cm de longueur et 11cm de largeur et 5cm d'epaisseur.